Flik FLOOOK blog

Blog Bulles pétillantes et légères....

23 novembre 2007

Le Point sur Luchini

Passons sur les grèves, marches à pied, bagarres, sourires et autres aléas de la semaine et arrêtons nous sur ma soirée d'hier soir.

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Quelques instants passés au théâtre de la Gaîté Montparnasse pour regarder "Le Point sur Robert" de et avec Fabrice Luchini... variations sur Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes et Molière..

Sophie MisMis et moi nourissons un goût particulier pour Luchini... nous avons tenté de le concrétiser, modestement, depuis notre arrivée à Paris et étions à la première de Knock...
Quand j'ai vu la silhouette de Luchini étoiler la capitale, coup de fil à Sophie MisMis qui a joué son digne rôle de scout organisatrice et a dégotté des places tarif jeune pour hier soir.... à quelques rangs de Jamel Debbouze et de Melissa TibiduleTruc en plus...
Fébrilité..


Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes, Molière...
des textes magnifiques.... un peu du Fragments du discours amoureux, incontournable... la saveur du Perceval.. Le plaisir d'entendre de textes.

Je les connaissais ces textes. Pour certains, quasi par coeur. Mais entendre un texte, un beau texte, intéressemment dit, cela offre une autre dimension. Comme si la compréhension s'approfondissait, le sens se creusait.
Le texte devient charnel...


Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes, Molière... mais surtout Luchini...
Luchini qui fait du Luchini.... qui s'appuie sur les auteurs pour nous parler de son expérience de Perceval chez Rohmer... qui converse avec Barthes... qui mêle Hollande et Molière, Sarkozy et un penseur zen...
du show.. mais dont l'énergie n'est pas que superficielle : les textes et un regard particulier sur les textes.

Une soirée intellectuellement jubilatoire
et légère...

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P.S. : jusque début décembre.... si vous y aller, pensez à moi, à Perceval et à l'Ancien français....

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07 septembre 2007

Ma Patrie....

Paria

Tristan Corbière...




Qu’ils se payent des républiques,
Hommes libres ! — carcan au cou —
Qu’ils peuplent leurs nids domestiques !...
— Moi je suis le maigre coucou.

— Moi, — cœur eunuque, dératé
De ce qui mouille et ce qui vibre...
Que me chante leur Liberté,
À moi ? toujours seul. Toujours libre.

— Ma Patrie... elle est par le monde ;
Et, puisque la planète est ronde,
Je ne crains pas d’en voir le bout...
Ma patrie est où je la plante :
Terre ou mer, elle est sous la plante
De mes pieds — quand je suis debout.

— Quand je suis couché : ma patrie
C’est la couche seule et meurtrie
Où je vais forcer dans mes bras
Ma moitié, comme moi sans âme ;
Et ma moitié : c’est une femme...
Une femme que je n’ai pas.

— L’idéal à moi : c’est un songe
Creux ; mon horizon — l’imprévu —
Et le mal du pays me ronge...
Du pays que je n’ai pas vu.

Que les moutons suivent leur route,
De Carcassonne à Tombouctou...
— Moi, ma route me suit. Sans doute
Elle me suivra n’importe où.

Mon pavillon sur moi frissonne,
Il a le ciel pour couronne :
C’est la brise dans mes cheveux...
Et, dans n’importe quelle langue ;
Je puis subir une harangue ;
Je puis me taire si je veux.

Ma pensée est un souffle aride :
C’est l’air. L’air est à moi partout.
Et ma parole est l’écho vide
Qui ne dit rien — et c’est tout.

Mon passé : c’est ce que j’oublie.
La seule chose qui me lie
C’est ma main dans mon autre main.
Mon souvenir — Rien — C’est ma trace.
Mon présent, c’est tout ce qui passe
Mon avenir — Demain... demain

Je ne connais pas mon semblable ;
Moi, je suis ce que je me fais.
— Le Moi humain est haïssable...
— Je ne m’aime ni ne me hais.

— Allons ! la vie est une fille
Qui m’a pris à son bon plaisir...
Le mien, c’est : la mettre en guenille,
La prostituer sans désir.

— Des dieux ?... — Par hasard j’ai pu naître ;
Peut-être en est-il — par hasard...
Ceux-là, s’ils veulent me connaître,
Me trouveront bien quelque part.

— Où que je meure : ma patrie
S’ouvrira bien, sans qu’on l’en prie,
Assez grande pour mon linceul...
Un linceul encor : pour que faire ?...
Puisque ma patrie est en terre
Mon os ira bien là tout seul...

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20 juillet 2007

Le Midi de Marina

Il y a quelques jours, j'ai vécu l'un de mes plus beaux moments artistiques
(oui oui oui, je n'ai pas peur des mots)

Partage de Midi est ma pièce préférée...
une pièce d'une force, d'une puissance inimaginable...
un grand choc.. un plaisir que je ne me lasse pas de lire et relire... une sorte d'apogée pour moi...

Quand j'ai appris que c'était joué à la Comédie Française, j'étais ravie.... vraiment ravie...
mais également inquiète... Tête d'Or m'avait échaudée...

Un soir, je me suis décidée à me jeter... à m'octroyer une très bonne place à la Comédie Française... une soirée seule, pour moi... pour moi seule.
Et grand bien m'en prit... la pièce n'est pas seulement merveilleuse, elle est ce qu'elle doit être.
J'ai tout aimé... j'ai aimé la mise en scène, épurée mais significative... j'ai aimé la diction, enthousiaste et très claudélienne cependant... j'ai aimé les nouvelles interprétations que j'ai pu y lire, l'humour que j'avais peut être laissé un peu trop de côté, un Almaric présent et prenant... j'ai adoré le jeu des acteurs...

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J'ai adoré Marina Hands que j'ai découverte à cette occasion...
Le rôle d'Ysé me paraissait difficile à tenir. Ysé est une femme totale, fuyante et extrêmement présente. Une sensualité évidente, sans aucune vulgarité cependant. Une femme fatale..
Marina Hands y rayonne, elle porte le texte.... elle porte l'émotion. Le texte est à la fois fluide et frappant... elle joue juste, incroyablement juste...
Je verrai si c'est la magie claudienne ou elle... vu que, par le plus grand des hasards, mon père m'a offert Phèdre où Marina Hands joue...

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Mais je crois que cette fois là, je ne terminerai pas en pleurs...

Je suis celle qui est interdite.
Regarde moi, Mesa, je suis celle qui est interdite.

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21 mars 2007

Mets pas tes coudes sur la table

Face à l'oeuvre de Saint John Perse, je suis partagée entre totale incompréhension (mais que diable veut-il bien dire ?) et relative admiration (quand l'appareil critique me signale qu'il y a un sens à tout ça... si si...)
Devant un tel écart, proche de la schizophrénie, il faut mieux en revenir à des valeurs sûres... nous ne sommes jamais trop prudents...


Vendredi dernier, Florence, Gibert Joseph (oui, je préfère le Joseph au jeune, question d'habitude et de confort bien certainement)... l'impression certainement d'être trop riche, la certitude d'avoir encore et toujours des lacunes à combler.... le deuxième étage et son rayon d'agrégation...
(pas loin d'autres ouvrages qui me tentent beaucoup... René Girard... la critique médiévale.... l'art est long et le temps d'un agrégatif bien trop compté)
et, comme un hasard, une faillite herméneutique, le dernier étage, celui des livres pour enfants...
aucun but (évidemment, Saint John Perse y est beaucoup plus discret), mais une découverte, une catabase (SJP quand tu nous tiens) non pas dans les profondeurs des Enfers mais dans celles de l'Enfance....


couverture

Le Convive comme il faut de Philippe Dumas, édition L'École des Loisirs

premiere

Ce livre est un vrai guide des bonnes manières à table, montrées sous un jour évidemment ludique...
Je me souviens l'avoir lu et relu dans l'ABCD de mon école primaire, rêvant moi aussi de maîtriser ces codes un peu obscurs qui m'apparaissaient comme une distinction réservée à quelques rares privilégiés.
Je me dis que déjà petite, j'avais le goût de ses préciosités, qui plus tard se manifestera, entre autres, par une attention aux difficultés et nuances, aux explications étonnantes ou énigmatiques de la langue française... le goût pour ces choses qui, pour beaucoup, ne compte pas mais qui, pour moi, font toute la différence...

En feuilletant ce livre, j'ai retrouvé des images qui m'avaient marquée, des expressions que je ne peux m'empêcher d'employer aujourd'hui encore ...

baffe

"pas sur la tête, ça les rend bêtes"

Heureusement, je me suis perfectionnée dans l'usage du couteau et de la fourchette... dressage commencé par mes parents, perfectionné par mon Amourdoux (aussi pointilleux que moi, si ce n'est plus, sur ces points de détail). Cependant, je reste toujours interdite devant l'épluchage des fruits...

fruits


Selon le principe du livre qui consiste à distribuer bons et mauvais points selon sa tenue à table, je crois que, maintenant, je ne m'en tirerais pas trop mal (même si certains réflexes restent encore à maîtriser). En revanche, j'ai le dur devoir de dire à Monsieur Papa que ce comportement est classé au "Stade de la créature innommable" (six mauvais points d'un coup) :


cochon

(ce n'est donc pas moi qui suis tyrannique :))

Ce livre, trouvé en occasion au détour d'un rayon, m'a procuré beaucoup plus de plaisir que toutes les études sur Saint John Perse réunies... et il est maintenant chez moi, en tant qu'indispensable, au même titre que L'Enchanteur Pourrissant d'Apollinaire, Voyage au bout de la Nuit de Céline ou L'Annonce faite à Marie, .....

politesse

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27 mai 2006

"De quelles étoiles sommes-nous tombés pour nous rencontrer ?"

Suite à ce post et à l'email que m'a envoyé une copine de la vraie vie (enfin de la prépa - la prépa, est-ce la vraie vie ? - je n'oserai pas à une tentative de réponse dans ce post), je me suis dit qu'il était temps que j'arrête de parler non pas de moi (j'ai un ego surdimensionné quand même hein !) mais de la couleur de mes chaussettes, de l'état de mon ordinateur (revenu officiellement réparé, j'attends de voir) et de mon utilisation quotidienne de papier toilette...

Lou Andréas-Salomé

Incandescente.. lumineuse... insaisissable... je crève d'admiration pour cette femme.
Pour le côté "sa vie - son oeuvre", c'est par !
Ici, ça sera "Lou et Flooo"... ou plutôt "Flooo vers Lou" tellement cette conjonction de coordination me semble impropre par le rapport d'égalité qu'elle sous-entend (je crève d'admiration, je vous l'ai dit... je crève d'admiration mais j'ai un ego surdimensionné, voir plus haut).

"Les passions qu'elle a déchaînées ne la brûleront pas"... Admiration pour cette femme qui a su fasciner Nietzsche, Rilke, Freud, (Schnitzler, Hoffmansthal, ...)... Rentrer dans le giron de personnes tellement exceptionnelles... Savoir s'accorder avec les exigences, les impératifs, la "tyrannie" de la création (...)... Sans cependant se transformer en groupie ou en esclave (ce qui revient au même)... Sans pour autant se trahir... et partir...

Les hautes sphères
Le tourbillon de la création
Rien de sordide, rien de bas, rien de vulgaire...

Un modèle anti-modèle, un vent d'ascension, une sidération

Cette femme est, littéralement, sidérante

lou

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25 mai 2006

Saccage !

Bon, je vous avez promis mon analyse sur la représentation de Tête d'Or, je vous la livre !
Tête d'Or, version Anne Delbé, pour moi insupportable !
Pourtant, je m'étais faite jolie ; pourtant j'avais mis un point d'honneur à ne pas lire trop de critiques ; pourtant c'était soirée en amoureux avec Amourdoux ; ....

Quatre niveaux dans ma dénigration :

- le premier point, subjectif. A force de lire une oeuvre, de l'étudier, de tenter de la faire sienne, ... on se fait une idée de plus en plus précise du qui, du comment, du où, des acteurs particulièrement. Le Tête d'Or n'était pas mon Tête d'Or, la Princesse me semblait être une vague nouille, ....  Décalage mais bon....

- deuxième point, des variations dans l'interprétation. Parfois plaisant (le jeu de l'Empereur), parfois incongru (que vient faire ce violon ?)...  Dans ces variations, je rajouterais le mélange des deux versions de la pièce qui me semble une hérésie (point subjectif, Flooo toute chamboulée et un peu paumée).

- troisième point, une mise en scène qui me semble beaucoup plus contestable, au delà un simple problème de sensibilité. Pourquoi mettre l'arbre les racines en l'air alors que c'est incontestablement un symbole d'élévation ? Pourquoi Cébès n'en finit-il pas de gueuler à sa mort, lui qui déclare " C'est la joie qui demeure dans la dernière heure et je suis cette joie-même" (citation approximative) ; la tension dramatique ne réside t'elle pas justement dans cet apaisement certes relatif mais incommunicable ?  (j'en passe)

- quatrième point, l'horreur pour mes esgourdes... Ca gueulait, ça gueulait du début à la fin... Certes, Tête d'Or est une pièce violente mais sa violence intrinsèque ne se suffit-elle pas à elle-même ? Pas besoin d'en rajouter, entre les cris et les postillons, c'était franchement insupportable...

Je n'ai pas cherché à comprendre, je suis partie à l'entracte, je n'ai toujours pas compris...

En plus, le vin rouge n'était même pas bon...

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10 mai 2006

Me voici, Imbecile, Ignorant (bis)

Comme vous l'aurez sans doute remarqué, Claudel est bien loin de me laisser indifférente ("intellectuelle de droite" vous entends je déjà persifler...)...

 

Et cette semaine sera claudélienne ou ne sera pas !
Oyez Oyez ! Voici les actualités claudéliennes de cette fin de semaine, à ne rater sous aucun prétexte, cela va de soi !

 

Jeudi, avec Amourdoux, nous allons au Vieux Colombier pour voir Tête d'Or... Cette sortie me met en joie : Amourdoux, théâtre, Tête d'Or, ... un avant-goût du paradis (j'échange volontiers toutes les prétendues vierges du dit paradis contre mon seul Amourdoux à moi). Seule, finalement et paradoxalement, la pièce est source pour moi de quelques angoisses : Anne Delbée, la metteur en scène, était déjà intervenue dans un colloque en Sorbonne sur Claudel et m'avait laissée... perplexe dirons-nous (sa vie, son oeuvre, Claudel, Barrault, son enfance, ses larmes....)... mauvaises critiques aussi bien lues dans la presse qu'entendues chez ceux qui ont déjà vu la chose... généralement, je fais fi des critiques, mais là, elles viennent plutôt confirmer mes craintes... Qui vivra verra, et puis conscience professionnelle oblige !
(ce sont toujours les oeuvres qui me tiennent le plus à coeur que je rechigne le plus à aller voir... la peur de la déception... la crainte de voir altérer ce qui chez moi s'approche tant de la perfection)..

 

Vendredi et samedi, colloque sur l'exégèse biblique et la création littéraire (grosso modo). Merci Pepina pour l'info !
Je vais passer ces deux jours entre la maison de la recherche et la Sorbonne, magique. Avec le point culminant samedi matin quand Mme Millet (ma professeur de maîtrise, enfin ex-professeur) parlera de Claudel et du Cantique des Cantiques... c'est presque trop pour mon petit coeur !

 

Dimanche, sur France Culture, à 9h10, "Paul Claudel face à l'Israel biblique"... Merci Sophie MisMis pour l'info ! Faudra cependant que je fasse mon choix entre Claudel et la messe (bah quoi, j'ai une réputation à tenir ;)).

 

Ça fait un peu plus de 51 ans que ClauClau est mort, encore une fois, je pourrai lui rendre hommage, entre recueillement et exaltation...  et vous tous avec moi n'est-ce pas ;).

 

"On m'a tenue en prison et maintenant je suis libre et l'air de la mer me monte au nez !"

(Ysé, Partage de Midi, I)

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01 mars 2006

De l'Ancien Français

Quelques heures de retard pour ce post... un amoureux qui arrive hier soir et un mal de gorge qui s'incruste à ce duo romantique... et puis, l'Ancien Français, ça fait plus de 500 ans qu'il attend ce post, alors il était pas à quelques heures près hein...

De l'Ancien Français ou de la difficulté de parler d'un truc à première vue pas folichon folichon...
Entreprise ardue...

Parler du latin m'aurait été beaucoup plus simple... Rien que pour la langue elle-même, ses sonorités à la fois mystérieuses et envoûtantes... L'Ancien Français est aux antipodes de tout cela : l'Ancien Français est une langue dure, rocailleuse, où chaque lettre se prononce, où le "r" se roule... Une langue nous portant tout de suite à imaginer les gueux se battant dans la boue avec une chemise qui gratte (j'aime bien les Monty Python)...
Même parler de la grammaire moderne m'aurait été plus facile, avec ses règles bien strictes au sein desquelles se nichent pourtant tant d'exceptions, étonnantes et déroutantes mais tellement intéressantes (et puis, c'est quand même la classe de les maîtriser). L'Ancien Français, quoi qu'en dise ma prof, c'est le bordel... Vous n'avez plus les 6 cas du latin mais un vague système à deux cas (cas sujet et cas régime) qui tend vers le système à cas unique (ou sans cas) du français moderne. Vous n'avez plus les déclinaisons du latin qui sonnent comme des ritournelles, ni celles, finalement, assez cadrées du français moderne (becherelle mon ami) mais des modes qui mêlent héritage latin et apport roman (conditionnel, je pense à toi), des verbes à plein plein de bases souvent totalement improbables (question de morphologie : le présent... cauchemard, hein BlanBlan)... Je réitère, l'Ancien Français, c'est le bordel...
Et le meilleur pour la fin : la phonétique. Evidemment, ce n'est pas de l'Ancien Français stricto sensu mais mon esprit perverti par l'agrégation tend à réfléchir selon les modalités du concours... Le phonétique ou l'ami des grands et des petits !  Imaginez : un samedi 9h, un amphi comateux mais bondé, un sujet d'ancien français : "Vous expliquez  le passage de Mercede [merkede] à Merci AF [mertsi], FM [meRsi]"... Bah vi tiens, d'où qu'elles sont passées toutes les lettres ? C'est une très bonne question, je ne vous remercie pas de me l'avoir posée. Et là, si vous maitrisez (mais je ne maitrise pas), vous voilà en train de parler de palatalisation, de spirantisation au VIe, de diphtongaison (au VIe toujours), de dépalatalisation (au VIIe cette fois), etc. etc... Vous passez un samedi matin de rêêêêêve...
Vous m'aurez comprise : l'Ancien Français, c'est du barbare en boîte !

Mais, si vous m'avez bien suivie, vous reconnaitrez (reconnaissons tous en coeur, yeah !) que l'Ancien Français, c'est passionnant... parce que c'est le bazar d'une langue en pleine mutation, le chaînon ultime qui relie le français moderne au latin (ou, plus rarement, au grec)....
Entre les larmes que vous versez sur de la morphologie, vous comprenez le pourquoi de la conjugaison de certains verbes un peu bizarres comme faire, pouvoir ou dire.... Noyé sous les fiches de vocabulaire, vous trouvez le sens de ce "l'" précédent le "on" quand on parle bien la France, ou l'explication de cette expression devenue obscure "avoir maille à partir", ... Plein de petits bonheurs comme ça, qui vous amènent à constater que la langue est un système logique, complexe mais compréhensible, malgré quelques petits "accidents" inexplicables (ou multi-explicables) qui font tout son charme...
L'Ancien Français ou l'éclairage par l'obscur (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué hein) !

Une prochaine fois, si le coeur m'en dit, je vous parlerais de la littérature déconcertante mais ô combien riche de cette époque...

Mais là, j'ai des fiches de syntaxe d'Ancien Français à me coltiner....

renartdet

Missum ab Florence K à 09:03 - Adumbratio eruditionis - Cogito ergo sum [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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