28 novembre 2007
Les étudiants bloqueurs sont ridicules
Ce matin, comme depuis quasi toujours, je vais à Malesherbes ; en métro, pas depuis toujours. Et là, devant Malesherbes, la révolte, la révolution, la lutte, l'anarchie : une barrière de travaux et 10 étudiants derrière qui bloquent l'accès... 50 étudiants devant qui ne peuvent pas rentrer...
Je me faufile jusqu'à la barrière, discute 5mn et je passe... parce que, faut pas croire, je suis gentille quand j'accueille les étudiants dans mon bureau. Une sorte de reconnaissance - passe droit.
09h30
La fac est vide... très étrange...
Je retrouve dans mon bureau ma supérieure, qui part prendre un café avec une collègue... et M. le colleur (c'est pas M. le maudit hein....), avec lequel je me mets donc à discuter..
on regarde la cour vide
et, tout d'un coup, des CRS qui arrivent, bien sagement, en une belle file indienne. Casque à la main, un peu en balade de campagne... 30 CRS tout de même qui traversent la cour vers le blocus.
mon informateur, toujours M. le colleur qui était descendu pour être au plus près de l'événement, m'a dit qu'il y avait eu un grand savoir-faire technique. Arrivée en triangle : percer le blocus, écarter, faire pénétrer les étudiants qui attendent et disperser ceux qui bloquent... En même temps, 30 CRS contre une barrière et 5 filles, filmés par la Police pour prouver qu'il n'y avait pas de débordement.
10h00
la fac est pleine d'étudiants
et moi, je continue à discuter avec M. le colleur qui attend le client...
Malesherbes, un haut lieu de contestation
blocage voté à l'AG d'hier : 76 personnes présentes, 40 pour, 36 contre
27 novembre 2007
Les étudiants bloqueurs sont vraiment des gros cons
Petit résumé de la situation : j'ai un exposé à faire sur la Stanhope, le bouquin se trouve logiquement à la bibliothèque qui se trouve dans l'enceinte de la Sorbonne. Les appariteurs laissent entrer les étudiants mais les étudiants bloqueurs ont pris possession de chacun des halls et filtrent.
En exclusivité, l'intégralité de la conversation
"Bonjour, je voudrais accéder à la bibliothèque.
- C'est pas possible.
- Oui mais j'ai vraiment besoin de ce livre pour continuer mes études.
- Tu n'as qu'à aller à l'ENS, tu pourras l'emprunter.
- Vous croyez vraiment qu'ils me laisseront repartir tranquillement avec le livre sous le bras alors que je ne suis pas normalienne.
- Non en effet.
Passe une élève.
- Et pourquoi vous laissez entrer certaines personnes ?
- Parce qu'ils préparent les concours.
- Vous êtes donc en train de me dire que le CAPES est plus important qu'un master 2.
- Non, mais tu n'as pas d'échéance en master 2.
- Ah bon ? et le mois de juin pour le mémoire n'est pas une échéance ? et le mois de décembre pour l'exposé pour lequel j'ai besoin du livre n'est pas une échéance ?
- C'est pas la même chose. Et puis, on fait pas de cas particulier.
- Vraiment ? Parce que faire passer les 500 personnes qui préparent les concours sur les 7500 de la Sorbonne, c'est pas du cas particulier ?
- C'est comme ça.
- Je suppose que ça doit être ça la démocratie...
Les étudiants bloqueurs sont vraiment des gros cons....
et j'ai hâte qu'on leur fasse ravaler leur bêtise et leur incohérence à coups de matraque.
26 novembre 2007
C'était ma dernière sainte Catherine....
non chapeautée...
le 25 novembre, depuis que j'ai l'âge d'être un individu sexué, on me fête une joyeuse sainte Catherine... à grand renfort de bonbons, cadeaux, petits chèques et magnifiques, magnifiques cartes postales...
Je ne sais pas si c'est la fête qui veut ça, ou une prédisposition familiale, mais chaque année était un surenchérissement dans le kitsch... les paillettes... l'ado au téléphone.. l'ado qui fait du cheval... l'ado assise sur une barrière... l'ado qui croque la pomme (le côté subversif de ma mère :))...
plus c'était laid, mieux c'était !
et j'y tenais...
mais cette année, bizarrement, ces cartes se sont retrouvées être le vecteur de quelque message alarmant : "la dernière", "l'année prochaine, le chapeau"...
l'année prochaine, plus de sainte Catherine
l'année prochaine, je serai une Catherinette
(Amourdoux n'étant pas près de me demander ma main, ce qui me convient absolument)
L'année prochaine, on pourra officiellement m'appeler Madame... car j'ai appris que cela ne dépendait pas de la situation maritale mais de l'âge atteint..
certains ne se privent d'ailleurs de prendre un peu d'avance.
dire que je m'habitue certainement
23 novembre 2007
Le Point sur Luchini
Passons sur les grèves, marches à pied, bagarres, sourires et autres aléas de la semaine et arrêtons nous sur ma soirée d'hier soir.
Quelques instants passés au théâtre de la Gaîté Montparnasse pour regarder "Le Point sur Robert" de et avec Fabrice Luchini... variations sur Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes et Molière..
Sophie MisMis et moi nourissons un goût particulier pour Luchini... nous avons tenté de le concrétiser, modestement, depuis notre arrivée à Paris et étions à la première de Knock...
Quand j'ai vu la silhouette de Luchini étoiler la capitale, coup de fil à Sophie MisMis qui a joué son digne rôle de scout organisatrice et a dégotté des places tarif jeune pour hier soir.... à quelques rangs de Jamel Debbouze et de Melissa TibiduleTruc en plus...
Fébrilité..
Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes, Molière...
des textes magnifiques.... un peu du Fragments du discours amoureux, incontournable... la saveur du Perceval.. Le plaisir d'entendre de textes.
Je les connaissais ces textes. Pour certains, quasi par coeur. Mais entendre un texte, un beau texte, intéressemment dit, cela offre une autre dimension. Comme si la compréhension s'approfondissait, le sens se creusait.
Le texte devient charnel...
Valéry, Barthes, Chrétien de Troyes, Molière... mais surtout Luchini...
Luchini qui fait du Luchini.... qui s'appuie sur les auteurs pour nous parler de son expérience de Perceval chez Rohmer... qui converse avec Barthes... qui mêle Hollande et Molière, Sarkozy et un penseur zen...
du show.. mais dont l'énergie n'est pas que superficielle : les textes et un regard particulier sur les textes.
Une soirée intellectuellement jubilatoire
et légère...
P.S. : jusque début décembre.... si vous y aller, pensez à moi, à Perceval et à l'Ancien français....
15 novembre 2007
Haute pensée philosophique du jour
(rapport avec le post précédent)
comment des filles aussi pomponnées peuvent-elles laisser des toilettes aussi cracra ??????
08 novembre 2007
Les temps changent...
comme disait ce brave Bob Dylan... et le centre de Malesherbes lui même semble suivre ce bon vieux refrain...
2004, rentrée : j'occupe un poste d'assistante de secrétariat à l'UFR de lettres modernes pour les DEUG 1 et 2
2007, rentrée : j'occupe un poste d'assistante de secrétariat à l'UFR de lettres modernes pour les L1 et L2
il n'y a pas que le nom qui a changé...
De mon vieux temps, quand on essayait de se représenter un étudiant de lettres, on lui mettait invariablement une grosse écharpe en laine, des lunettes et une sacoche en cuir... la fille était dans du négligé calculé (bobo chic, hippy réfléchi) et le gars, dans du négligé tout court...
du genre "je côtoie les hautes sphères de l'existence, je réfléchis au devenir du thème de la femme dans la littérature post moderne, merci de ne pas me déranger et de ne surtout pas m'enquiquiner avec des choses bassement matérielles"...
pas de marques (des réseaux parallèles en fait, savamment choisis), peu de maquillage... un gros bouquin écorné...
moi-même, j'ai une sacoche en cuir, offerte par MPP pour mon bac...
ma famille a offert la même à Amourdoux à Noël... signe de reconnaissance...
j'ai laissé les grosses écharpes en laine mais j'ai quasi toujours un pashima à 5euros dans le Quartier latin sur les épaules..
mon look est assez calculé pour faire croire qu'il ne l'est pas et que je suis les affaires de fille d'assez loin...
et évidemment, je me triture les neurones non pas sur l'évolution de la virgule en latin médiéval (où il n'y avait d'ailleurs pas de virgule mais passons...) mais sur ce brave Claudel ou ce germaniste de Goethe...
j'étais de mon temps...
et mon temps est passé...
les étudiants de lettres modernes se sont transformés en minette !!!!
Depuis la rentrée, un défilé de filles qui veulent avoir l'air d'avoir 25 ans alors qu'elles viennent de passer leur bac... et le fond de teint... et le mascara, l'eye liner, le fard, le sous-fard, le sur-fard, le blush... et les cheveux lissés, frangés, dégradés, savamment coiffés.... et le pantalon moulé, slimmé, foncé... et les ballerines... et le petit haut à l'épaule à rien dégringolante... et le sac Longchamps tellement minuscule que je me demande comment elles font tenir ne serait-ce que leur trousse dedans... alors leur Baudelaire écorné...
je vois la même fille toute la journée...
certes charmante, mais déjà tellement vieille..
tellement dans un autre stéréotype que celui que j'ai connu...
et les étudiants ne sont pas en reste : ce sont des minets maquillés, à la chemise cintrée ouverte sur leur torse encore imberbe...
quelques écharpes en laine se perdent encore... quelques kickers... quelques lecteurs de Baudelaire qui croient, comme tous ceux avant eux, qu'ils sont les seuls à si bien comprendre Les Fleurs du Mal, qu'ils doivent être un peu artistes maudits eux aussi et qu'ils finiront écrivain incompris mais génial.
Ils m'apparaissent alors teintés d'une douce nostalgie...
Je ne dis pas qu'un stéréotype est meilleur que l'autre... tout le monde est dans la pose, bien normale à l'adolescence... et même parfois au delà...
je m'étonne juste que la minetterie publicitaire ait réussi à ce point à pénétrer un monde qui autrefois la critiquait...
je m'étonne de paraître parfois plus jeune et plus innocente que certaines filles que je renseigne dans mon bureau...
quoiqu'à la lecture de ce post, je me sente tout d'un coup bien vieille...






