02 février 2008
La Magie de l'EPHE
J'en parlais là et voilà qu'il est arrivé sur mon bureau...
Le voilà mien !
Tout ça grâce à la magie de l'EPHE... l'EPHE, ma fée Clochette à moi.
J'étais toute contente d'avoir fini tous les petits (sic) travaux que je devais faire pour l'ENC... fini le Prologus in Danielem, fini le compte-rendu sur l'exposition des nouvelles acquisitions de la BSG, ... guillerette, je m'en allais vers un nouvel exposé.
Quand j'ai reçu THE mail qui me demandait, grosso modo, de télécharger la feuille de notation disponible sur le site de l'EPHE, de la remplir convenablement et de la transmettre avant le 08 février.
Déjà, je trouve pas la fiche en question. Elle est pas là où elle devrait être, mais vaguement perdue dans une section qui n'est pas la sienne. Mais bon, à force de persévérance, all is possibeul !
Lundi, séminaire d'histoire du livre. Six yeux hagards qui arrivent à se reconnaitre comme la fabuleuse promotion 2007/2008 du M2 CEI (oui oui, on est 3) : "t'as réussi à télécharger la fiche ?", "elle est où ?", "tu crois avoir assez de crédits ?", "et cet intitulé, c'est quoi ?"..
On a quasi résolu toutes les questions sauf celle du mystérieux intitulé. On décide un passage en force vers notre directeur de mémoire et on n'est pas trop de trois pour lui extorquer des renseignements pratiques sur le mystérieux intitulé. En fait, il s'agit d'un séminaire à Lyon qui devrait avoir lieu au mois de janvier.. ah non, en fait, il a déjà eu lieu... lui non plus, qui devait intervenir, n'était pas au courant. Comment faire pour la note ? rhoooo... une petite page sur le catalogue de l'expo devrait bien suffire... bon, il n'est pas là jusqu'au 07 février au soir mais c'est pas grave, il anté-datera et tout se passera bien.
Hallucination totale...
On a compris pourquoi quasi personne ne finissait son M2 à l'EPHE... c'est le parcours du combattant de l'absurde et de la non-information.
Du coup, on a procédé en personnes logiques (et passablement angoissées) avec mes deux autres compères : échange de mails et front commun contre l'ennemi.
L'EPHE, c'est vraiment magique
(mais le bouquin, lui, est vraiment très très bien)
19 mai 2007
.... mes petites cellules grises....
je voulais faire un post sur le sombre désespoir qui peut vous prendre certains soirs particulièrement calmes
quand vous êtes seule...
quand vous n'avez pas de télé...
quand tous les DVD que vous possédez ont été regardés...
quand vous vous apercevez que mac et VOD sont incompatibles...
mais le tableau n'est pas aussi noir
En ce moment, je suis sous perfusion d'Hercule Poirot.
Une chose qui doit être précisée avant toutes : je préfère irrévocablement Sherlock Holmes à Hercule Poirot mais les aléas de la disponibilité en DVD font que parfois....
Donc : Hercule Poirot.
Hercule Poirot est intimement lié à la famille K., bien que son mode de présence le vexerait sans aucun doute. Mon père adoooore Hercule Poirot et inflige à la famille plus ou moins réunie chaque rediffusion, ce qui fait que nous avons vu quasi chaque épisode trois fois (malheureusement, il ne s'en souvient pas). Quant à MPP, il pourrait adorer Hercule Poirot s'il ne s'endormait après les 15 premières minutes.
Cependant, MPP est un homme plein de ténacité et s'est donc décidé à acquérir les DVD du dit détective, sorti sous des fascicules bien connus. Cela m'a permis de lui en emprunter un certain nombre.
Dès lors, je regarde énormément d'Hercule Poirot en ce moment, sans m'en lasser.
Mais quel intérêt puis je trouver à regarder, plusieurs fois en très peu de temps parfois, une enquête policière dont j'ai déjà la clef (souffrant d'un Alzheimer moins prononcé que celui de mon père) ?
Réponse Mesdames et Messieurs :
l'intérêt d'Hercule Poirot (et de Sherlock Holmes a fortiori, mais là n'est pas le sujet pour l'instant) ne réside pas pour moi dans la surprise mais dans la structure.
Entendons nous bien : je ne gâche pas mon plaisir lorsque, lors des sempiternelles réunions tuperware "dévoilons l'identité du témoin", le mystère est levé. Cependant, je suis beaucoup plus sensible à la structure qui non seulement permet l'élucidation du crime mais qui contamine également l'ensemble de l'oeuvre grâce à ce curieux belge et à l'époque elle-même. Toute l'oeuvre (le DVD et, évidemment, le texte) est imprégnée d'une rigueur (certains diraient d'une rigidité) qui porte la logique, les comportements, les attitudes, les mises, les paroles et les lieux mêmes. Pour paraphraser grossièrement Hercule Poirot dans La Mystérieuse Affaire de Styles : "il ne faut jamais se relâcher".
C'est ce refus du relâchement que je me plais à goûter à chaque fois que je regarde un épisode d'Hercule Poirot... pour tenter de m'en imprégner...
Et puis il est tellement facile de rêver sur l'élégance de la haute société des années 30....
11 mars 2007
Metamorphosis
Là, j'ai trouvé ça et ça a donné ça :
façon enfance
façon Modigliani :
façon Botticelli
façon Mucha :

plus ou moins ressemblant...
mais les peintres ne révèlent ils pas notre beauté cachée...
14 novembre 2006
Rien ne dure...
Elodie Frégé_ - La Ceinture
envoyé par vava-land
28 mai 2006
Bang Bang
Bang Bang, he shot me down
Bang Bang, I hit the ground
Bang Bang, that awful sound
Bang Bang, my baby shot me down
25 mai 2006
Prix Nobel, me voilà !
Rhhhhaaa L'aaaammmmooooouuurrrr
par Flooo
Un oiseau survola Paris avant de venir tournoyer au-dessus de la tête de Amourdoux. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il leva la tête, rêveur, et observa les nuages... celui-ci ressemblait à une rose. Celui-là à un coeur... Sans trop savoir comment, il se retrouva devant la porte.
Il frappa énergiquement. Des pas se firent entendre, et une exaltante voix chanta:
- Qui est là?
- C'est Amourdoux! Répondit celui-ci.
- Je ne connais aucun Amourdoux! Dit la voix.
Il y eut un silence.
- C'est toi, Flooo? Fit Amourdoux.
La porte s'ouvrit soudain:
- Mais oui c'est moi, mon Amourdoux! Je t'ai bien eu.
Il allait protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps:
- Entre, dit-elle.
Arrivé au salon, Amourdoux s'assit dans un fauteuil et soupira. Mais soudain, Flooo se jeta sur lui. Sans qu'il n'ait eu le temps de réagir, elle l'embrassa fougueusement. Cela dura longtemps. Amourdoux sentait son coeur battre la mesure de cette musique silencieuse... Cela était doux, comme à chaque fois. Cela n'en finissait plus... jusqu'à ce que les lèvres de Flooo se détachent, pour glisser dans un souffle imperceptible:
- Tu m'as manqué...
Ils se regardèrent. Amourdoux approcha sa bouche de l'oreille de Flooo et chuchota:
- Je t'aime...
Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.
- Ça y est... cela fait déjà un an... cela fait une année, une année que la foudre m'a frappé... cela fait un an que nous nous sommes rencontrés. Et je n'ai jamais aimé une femme autant que toi. Car les autres étaient des femmes ordinaires.
- Voyons... tu vas me faire rougir, murmura Flooo.
- Pourquoi? S'écria-t-il. Tu es la personne la plus radieuse que je n'ai jamais connue! La plus radieuse de tout Paris! Les gens ne t'arrivent pas à la cheville.
- Mais et toi, tu es si impressionnant...
- Cela n'est rien à côté de toi. Lorsque je t'embrasse, j'ai l'impression que je m'envole. Quand je te quitte, j'ai l'impression que mon coeur se fait piétiner par un féroce castor, ou transpercer par mille lances empoisonnées.
- Mais toi aussi, Amourdoux, tu as beaucoup de qualités...
- Embrassons-nous encore... souffla Amourdoux.
Ils s'embrassèrent donc. Au loin, on entendait ''La Marche Funèbre'' de Berlioz. D'où cela venait-il? Quelle importance, du moment que c'était là. Bientôt, la musique, l'amour, les entraînèrent dans un tourbillon sans fin. Il n'y avait plus de plafond, plus de mur. Paris était loin. Ils virent passer un peuplier, au dessous d'eux. Puis deux. Maintenant, ils étaient sur la mer. Ils frissonnèrent... était-ce le vent qui s'était levé et qui faisait frémir un peu leur peau? Quelques nuages voilèrent le ciel. A mesure que les notes s'envolaient, la musique devenait de plus en plus belle, et le ciel de plus en plus gris. On se serait cru dans un tableau de Klimt. Des larmes de joie dans la voix, la musique jouait. Quelques gouttelettes de pluie vinrent alors troubler cet océan, tels des pizzicatos que le vent sifflant emportait au loin avant de les renvoyer à la figure des amoureux. Après quelques instants les gouttes grossirent, s'écrasant lourdement sur la surface de l'eau. Flooo, que la folie saisissait, se voyait cochoniser au milieu des éclairs... Plus la musique jouait plus le temps s'agitait, plus le ciel s'assombrissait, plus les vagues grandissaient, se brisant bientôt contre leurs pieds dans une explosion d'écume crépitante, poussées par des bourrasques assassines... leur baiser dansait sur cet air tourmenté, cet océan symphonique, cet opéra dramatique, les vagues étaient à présent immenses et la pluie tranchait le ciel plus sombre que la plus noire des nuits, c'était affreusement grand et terriblement beau, si beau que ça faisait mal, la musique hurlait sa douleur, de plus en plus fort, les notes tourbillonnaient, le vent devenait tornade, les vagues devenaient rouleaux, les amants tournoyaient, autour de leurs bouches, autour de leurs mains... et tout s'arrêta soudain.
- Marions-nous...
- Pourquoi n'est-ce pas déjà fait?
Ils rirent. Ils étaient heureux.
Ils restèrent ainsi toute la nuit à se regarder dans le blanc des yeux. Parfois, ils s'embrassaient. Parfois, ils parlaient.
- Ne me quitte jamais, disait Amourdoux.
- Je ne te quitterai jamais. Tu es bien trop sensuel pour que je te quitte, répondait Flooo. Tu es l'opposé de la bêtise, de la brutalité... tu vaux bien plus que ce rustre de KuKu. Je ne sais pas comment j'ai fait pour lui trouver du charme.
Et ils s'embrassaient. Puis ils s'embrassaient une nouvelle fois.
Ils s'embrassèrent pendant des heures. Des jours. Des années. Si d'aventure vous ne croyez plus à l'amour, sachez qu'en ce moment même ils s'embrassent quelque part.
Merci à Boréale qui m'a permis de cotoyer la grande littérature
02 avril 2006
Et Dieu fit la femme...
Je suis allée chez Erika, et je réponds à la demande de PinkFairy....
Un samedi après-midi, 30mn de métro... une résidence, des codes... un appel pour trouver la bonne porte et me voilà dans l'antre de la création...
Il y de quoi s'énerver... la demoiselle est aussi charmante et jolie qu'elle est talentueuse, c'est attesté... en plus, elle est incroyablement sympathique... Et son chez-elle devient une vraie tentation de saint Antoine ! Entre deux bijoux de sacs, on parle... entre deux culottes, on parle... entre quinze mille sacs, on parle... J'ai vu des choooossses incroyablement jolies et rencontré une fille extrêmement gentille, le genre qui se met à renverser ses affaires pour que vous ne vous sentiez pas mal à l'aise d'avoir fait tomber un miroir (que je n'ai pas réussi à casser , je précise ;))... Ce qui devrait ressembler au sac de mes rêves est commandé... Attente et impatience...
J'ai rejoint Amourdoux (qui a dû me rappeler à l'ordre : "Ça durera combien de temps ? Rhoooo, pas longtemps... vers18h30 ça devrait être fini, 18h45au grand maximum..."... 19h15, il m'a appelée, nous venions juste de passer au sujet sac de mes rêves) avec ma petite bourse,ma culotte et mon soutif sous le bras, enfin plutôt dans un joli sac noir... Bizarrement, même s'il l'a trouvée très jolie, Amourdoux a plus complimenté le sac que la lingerie... Il m'étonnera toujours...
Bref je suis une fille comblée dans toute sa superficialité....
Et pour Bassianus qui doit en avoir marre de ces futilités de donzelles, un extrait de ma maîtrise sur "L'ivresse biblique dans le théâtre claudélien" que je me prends à relire :
"L'instabilité multiple de la figure féminine est encore renforcée par la dualité de la conception catholique. Cette nouvelle tension cependant se répercute plus sur le plan dramatique que sur la nature-même de la femme. En effet, la figure féminine n'est pas le lieu ou s'affrontent des forces contradictoires (telle Eve devant le serpent par exemple) mais se trouve plutôt dans un non-lieu, entre condamnation et célébration, ambivalence que connaît également le phénomène de l'ivresse. Rappelons-nous ces paroles de l'Ecclésiastique :
Aequavit in vita vinum hominibus si bibas illud moderate eris sobrius quae est vita quae minuitur vino (Si 31,27-28)
Ou encore dans la première épître de Pierre :
Sobrii estote, vigilate. Adversarius vester Diabolus tamquam leo rugiens circuit quarens quem devoret. (1P, 5, 8)
Nous sommes évidemment au coeur de la doctrine de la "sobre ébriété" énoncée par Philon d'Alexandrie : le vin apparaît comme un don de Dieu mais le diable n'en est jamais loin. En quelques mesures, cette doctrine reprend et radicalise la dualité de l'esthétique dionysiaque. Et nous trouvons dans la Bible le même rapprochement entre motifs vinaires et figure féminine :
Quid enim bonum ejus est et quid pulchrum eius nisi frumentum electorum et vinum germinans virgines (Za 9, 17)
Nous arrivons donc à une ambivalence fondamentale de la femme, être sacré mais potentielle pécheresse, ou vice-versa (figure de Marie-Madelaine). Ainsi quelle que soit la tradition dans laquelle s'inscrit Claudel, la figure féminine est toujours liée au vin et fondamentalement double. Bien plus, il semblerait que Claudel ne choisisse aucune de ces esthétiques, païenne ou catholique (ou tout au moins, si cette dernière a sa préférence, ne se démarque-t-il pas totalement de la première) et multiplie ainsi les dualités au sein de la femme : comme prise elle-même par l'ivresse, la femme voit ses différentes facettes se multiplier, inconciliables et pourtant coexistantes."
"Que craignez-vous de moi puisque je suis l'impossible ?
Avez-vous peur de moi ? Je suis l'impossible. Levez les yeux.
Et regardez-moi qui vous regarde avec mon visage pour que vous me regardiez !"
(Claudel, Partage de midi)





